C'est avec un grand plaisir que je vous présente aujourd'hui un ami de longue date,
Ivan INEICH.
Février 2011 - Ivan INEICH examine un lézard, rapporté de sa dernière mission au
Mozambique
Ivan INEICH est maître de conférences hors-classe au Muséum national d'Histoire naturelle (Paris) où il est responsable des
collections de lézards et de serpents depuis novembre 1988.
Né en Alsace, à Sélestat dans le Bas-Rhin (67), Ivan INEICH effectue sa scolarité au Lycée Dr Koeberlé de cette même ville. A
partir de 1976, il entreprend des études universitaires à l’Université Louis Pasteur de Strasbourg (ULP) où il obtient une Maîtrise en Biologie des Organismes et des Populations en 1981
(actuellement diplôme de Master 1).
Passionné depuis longtemps par les milieux tropicaux et insulaires, il décide alors de se spécialiser dans ce domaine qui n’est
pas enseigné à Strasbourg. Il obtient deux propositions à l’Université des Sciences et Techniques du Languedoc (USTL) de Montpellier.
La première consiste à étudier les araignées de Madagascar (sous la direction du Prof. Legendre) et la seconde concerne les
lézards des îles du Pacifique sud tropical, plus particulièrement ceux de Polynésie française.
Il choisit la seconde et se rend à Montpellier en septembre 1981, au Laboratoire de Zoogéographie alors dirigé par Charles P.
Blanc. Ce dernier revient justement de Polynésie française où il a récolté un important matériel biologique qui constituera la base du travail de Ivan INEICH. Cette première étude
s’achève par l’obtention d’un DEA (Diplôme d’Etudes Approfondies) en 1982 (ce diplôme correspond actuellement à un Master 2). N’ayant pas réussi à obtenir un poste de coopérant
scientifique, Ivan Ineich doit alors effectuer son Service National à partir de décembre 1982, dans les Forces Françaises Stationnées en Allemagne à Fribourg-en-Brisgau.
Après cette année particulièrement éprouvante pour lui, il décide de retourner à Montpellier pour y réaliser une thèse de
doctorat. Ses travaux se concentrent toujours sur les lézards des îles des cinq archipels de Polynésie française et Ivan INEICH tente cette fois d’analyser le peuplement des lézards de
ces îles (plus de 120) et de comprendre comment ces animaux ont réussi à coloniser ces confettis de terre disséminés au beau milieu de l’océan Pacifique.
Il effectue alors son premier séjour tropical d’une durée de six mois en Polynésie française (1985-1986),
principalement sur l’île de Moorea située à côté de Tahiti (archipel de la Société). C’est durant ce séjour qu’il rencontrera la mère de ses trois garçons, Victor, Théodore et
Jorrik.
Ses recherches aboutissent à l’obtention d’une thèse de doctorat à l’USTL de Montpellier en novembre 1987. Suite à ses travaux,
il est désigné comme lauréat 1988 du prix Malotau de Guerne décerné par la prestigieuse Société zoologique de France.Il va ensuite présenter son Habilitation à Diriger des Recherches (HDR) en mars 1994 à l’Université de Paris VII, sous la
direction du Prof Armand de Ricqlès.
Après sa thèse, Ivan INEICH se rend à Paris où il obtient rapidement un poste de Maître de conférences au Muséum national
d’Histoire naturelle en novembre 1988 ; on lui demande alors de prendre en charge les serpents en plus des lézards. Il est depuis lors responsable des collections nationales de
reptiles squamates (lézards et serpents) qui regroupent plus de 130 000 spécimens.
Il gère ces collections, c’est à dire qu’il identifie les nouvelles acquisitions, collecte lui même de nouveaux spécimens au
cours de ses nombreuses missions dans le monde entier, accueille les chercheurs étrangers de passage à Paris et répond aux fréquentes demandes des collègues étrangers et du public
concernant les collections du Muséum.
IVAN INEICH LE
VOYAGEUR
Examen d'un Varan du désert, Varanus griseus, région du Massif de Termit au Niger. L’animal a été libéré après la réalisation d’une série de photographies. Photo : M. Ascani.
Dans le cadre de ses recherches, souvent orientées vers les reptiles des milieux insulaires, Ivan INEICH va réaliser de
nombreuses missions aux quatre coins du monde, mais principalement dans le Pacifique sud tropical et en Afrique, deux régions qu’il affectionne tout particulièrement.
Ivan INEICH est auteur de plusieurs ouvrages, de plus d’une centaine d’articles scientifiques dans des journaux internationaux
et au moins autant d’articles dans des revues de vulgarisation.
Il a également été nommé, depuis 1992, chercheur associé dans une prestigieuse institution américaine, la Smithsonian
Institution basée à Washington.
En 1992, il
réalisera une grosse mission avec son ami George Zug pour cette institution américaine. Il visitera alors plusieurs îles de l’archipel des Fidji, des Samoa occidentales et du Royaume de
Tonga. Plusieurs espèces inconnues de la Science seront rapportées et décrites par les deux herpétologues. Une année auparavant, il avait participé à la Mission du Radeau des Cimes dans
la Forêt de Campo au sud du Cameroun (1991). Il s’est ensuite rendu à plusieurs reprises dans ce pays magnifique qu’il apprécie tout particulièrement, mais également dans plusieurs
autres pays africains (Maroc, Mauritanie, Sénégal, Mali, Guinée, Tchad, Djibouti, République d’Afrique du Sud). Il va également participer au Programme Scientifique du Barrage
Hydraulique de Petit Saut, au sud de Kourou en Guyane française (1993-1996). Il s’y rendra à plusieurs reprises et dirigera la thèse de Jean-Christophe de Massary sur les populations de
lézards soumises à la montée des eaux après la mise en service du barrage. En 2009 il se rend au nord du Mozambique pour y étudier les reptiles des dernières forêts sèches littorales du
continent africain. Sa mission est réalisée dans le cadre d’une importante expédition internationale organisée par Pro-Natura international et le Muséum national d’Histoire naturelle
(Our Planet Reviewed).
Ses principales découvertes concernent la description de plus d’une vingtaine d’espèces de lézards et de serpents nouvelles
pour la science. Il a également montré qu’un petit lézard rencontré dans tout le Pacifique sud tropical, depuis la Nouvelle-Guinée en passant par les Hawaii et jusqu’à l’atoll de
Clipperton, comprenait en fait deux espèces distinctes jusqu’alors confondues par tous les spécialistes (genre Emoia).
Le plus important spécialiste mondial de ce groupe de lézards n’admet alors pas cela mais la suite des recherches va montrer
qu’Ivan avait raison. Toujours au cours de sa thèse soutenue en 1987, il a découvert qu’un petit gecko de Polynésie française (Lepidodactylus lugubris) se reproduisait par
parthénogenèse (sans intervention des mâles qui n’existent pas ; on ne rencontre que des femelles sur ces îles) et que ses populations comprenaient plusieurs clones (individus
génétiquement totalement identiques à leur mère, des copies conformes) diploïdes ou triploïdes, c’est à dire avec deux ou trois jeux de chromosomes parentaux.
Ses travaux ont aussi permis de mettre en évidence l’existence de quelques populations avec des mâles et des femelles sexués
qui vivent à côté des clones (unisexués) sur de rares atolls de l’archipel des Tuamotu notamment. Parmi les autres découvertes de Ivan, citons une nouvelle glande localisée à
l’extérieur de la bouche dont la fonction est encore inconnue. Elle ne se rencontre que chez certaines vipères d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie du sud (genre Echis).
Un autre groupe de reptiles qui passionne depuis longtemps Ivan INEICH est celui des serpents marins. Très vite Ivan se rend
compte qu’il n’existe aucun ouvrage en langue française sur ces serpents. Il n’est pas rare de consulter des livres français traitant des serpents qui oublient totalement ces reptiles
pourtant si originaux, ce qui l’ennuie terriblement.
Ivan Ineich lors d'une mission d'étude des serpents marins en Nouvelle Calédonie
Après avoir publié plusieurs travaux scientifiques sur les espèces de Nouvelle-Calédonie, dont la description d’un serpent
marin auparavant inconnu en compagnie de son collègue danois Arne RASMUSSEN (Hydrophis laboutei), Ivan rédige deux ouvrages en langue française.
Le premier, bilingue français/anglais, est accompagné de magnifiques photographies sous-marines réalisées en
Nouvelle-Calédonie par le plongeur Pierre Laboute de l'IRD, co-auteur (éditions IRD/MNHN), C’est le premier ouvrage au monde présentant ces animaux dans leur milieu naturel.
Le second ouvrage, réalisé par Ivan tout seul, a été publié aux éditions de l’Institut Océanographique de Monaco. Il concerne
l’ensemble des serpents marins et dresse un bilan synthétique des connaissances acquises sur le groupe dans tous les domaines.
IVAN INEICH LE
DÉCOUVREUR
Tout récemment Ivan INEICH a fait la une de plusieurs journaux du monde entier car il a retrouvé un lézard mythique. Il s’agit
d’une espèce géante qui n’était connue que par un unique exemplaire déposé dans les collections du Muséum de Paris avant 1880, jamais retrouvé depuis et considéré comme éteint
(Phoboscincus bocourti, le Scinque terrifiant de Bocourt).
Lors de deux missions distinctes, Ivan a réussi à en capturer deux exemplaires sur un îlot minuscule au large de la
Nouvelle-Calédonie.
Pour capturer le second spécimen, il a séjourné durant quinze jours tout seul sur un minuscule îlot, dormant dans
son hamac recouvert d’une simple bâche plastique, recherchant l’étrange lézard jour et nuit.
Lors d’une autre mission en compagnie de l’explorateur Jean-Louis Etienne sur l’Atoll de Clipperton, Ivan INEICH montre que les
petits lézards de l’atoll, n’ayant rien ou pas grand chose à manger, se sont spécialisés en consommant surtout des parasites gorgés du sang des oiseaux marins fréquents ici et qu’ils
infestent. L’évolution a conduit ces lézards, comme Ivan aime à le souligner, à devenir des vampires de seconde main pour combler la rareté de la nourriture disponible dans ce milieu
extrêmement isolé.
Enfin sa dernière découverte spectaculaire, largement diffusée elle aussi auprès des médias du monde entier après
une dépêche de l’AFP, est issue de sa participation à l’Expédition SANTO 2006 sur l’archipel du Vanuatu. Ivan rapporte alors plusieurs œufs qui lui paraissaient étranges. Ils
provenaient d’un gecko qui les a déposés dans une plante épiphyte (qui pousse sur les arbres) à près de 20m de hauteur. Rapportés à Paris, ces œufs ont été confié à un ami du chercheur,
un éleveur de geckos parmi les plus compétents de France. Ce dernier a réussi à obtenir un unique juvénile qui a grandi sous son regard attentif avant d’être remis au chercheur. Le
lézard a ensuite été décrit et il s’agit d’une espèce nouvelle, inconnue et qui n’a toujours pas été retrouvée pour le moment (Lepidodactylus buleli).
Ivan poursuit toujours ses recherches sur les îles du Pacifique sud tropical et son projet le plus récent vise à retrouver un
autre lézard géant connu uniquement par deux spécimens rapportés du Royaume de Tonga vers 1830 lors de la première expédition autour du monde de Dumont d’Urville. Ces deux spécimens
sont eux aussi déposés dans les collections du Muséum de Paris, une mine d’or pour ce chercheur. L’espèce est à présent considérée comme éteinte. Ivan est persuadé qu’elle existe
toujours et il souhaiterait obtenir des fonds pour pouvoir retrouver cet animal et mieux le connaître afin de le protéger pour les générations futures
IVAN INEICH AU SEIN DU
MUSÉUM.
Février 2011 - Ivan INEICH en compagnie d’un jeune chercheur allemand venu tout spécialement en
France pour étudier les riches collections du Muséum de Paris.
Comme tous les enseignants-chercheurs du Muséum national d’Histoire naturelle, le travail de Ivan INEICH se concentre sur les
quatre missions statutaires de l’établissement :
1- recherche : Ivan publie plusieurs articles scientifiques chaque année, le plus souvent en collaboration avec d’autres
chercheurs du monde entier. Il y décrit de nouvelles espèces ou encore établit des listes commentées des espèces rencontrées dans certaines régions du monde qu’il prospecte. Un autre
travail consiste pour lui à réaliser des révisions taxinomiques, c’est à dire de vérifier si le contenu d’un groupe zoologique (par exemple un genre) est naturel (tous issus d’un même
ancêtre), de synthétiser les connaissances acquises sur ce groupe et de les compléter par les nouvelles données obtenues de ses propres recherches.
2- diffusion des connaissances : dans ce cadre Ivan réalise chaque année un enseignement d’une journée sur les serpents
marins. Il effectue aussi quelques conférences, participe à des congrès nationaux et internationaux et répond très souvent aux questions des journalistes et du grand public. Ivan est
également rédacteur en chef de la revue de la Société herpétologique de France qui s’appelle le Bulletin de la
Société Herpétologique de France. Il y publie régulièrement des articles et des analyses détaillées d’ouvrages concernant l’herpétologie.
3- collections : Ivan a la lourde responsabilité de gérer les collections nationales de lézards et de serpents. C’est un
travail important qui le passionne depuis toujours. Dans ce cadre, il accueille les visiteurs étrangers, répond aux questions des chercheurs, identifie les nouvelles entrées de
spécimens et contribue à enrichir ces collections par de nouvelles acquisitions issues de dons ou de ses propres missions sur le terrain, Chaque année, il expédie plusieurs dizaines de
prêts de spécimens à des chercheurs du monde entier. On lui demande de plus en plus de photographies de certains spécimens historiques des collections. Ces collections, qui constituent
l’âme du Muséum et son plus grand Trésor, sont vivantes et ne restent pas figées sur des étagères ; chaque année des centaines d’exemplaires voyagent depuis le e- Muséum vers les
instituts de recherche du monde entier. Les informations véhiculées par ces spécimens (taille, coloration, écaillure, contenu de son estomac, reproduction, parasites, origine
géographique, …) sont « lues » directement sur le spécimen par les spécialistes comme sur les pages d’un livre dans une bibliothèque. Leur étude est souvent à l’origine de
découvertes qui permettent une meilleure connaissance de la biodiversité qui nous entoure.
4- expertise : la quatrième mission des enseignants-chercheurs du Muséum est l’expertise. En effet, les importantes
collections conservées dans l’établissement constituent une banque de connaissance d’une richesse sans pareil et un système de référence unique au monde. Les chercheurs responsables
d’une collection sont souvent détenteurs et gardiens de connaissances dont la société actuelle a besoin et aura toujours besoin, plus encore dans le futur. Dans ce cadre, Ivan est
expert depuis de nombreuses années auprès de la Commission de Conciliation et d’Expertise Douanière (CCED). Il identifie régulièrement des animaux ou des objets saisis par les services
douaniers et qui sont soumis à des mesures de protection nationales ou internationales. De la même façon, il lui arrive d’être sollicité pour identifier un serpent exotique
capturé en ville ou encore responsable d’une morsure humaine suivie d’une envenimation. Ivan a longtemps activement participé à la Convention de Washington qui régule le commerce des
espèces animales et végétales menacées.
SES DOMAINES DE RECHERCHES
ET D’INTÉRÊTS
- biodiversité et inventaire des reptiles du Pacifique sud ;
- biodiversité et inventaire des reptiles africains ;
- biologie et écologie des serpents marins ;
- conservation et protection des reptiles.
RESPONSABILITÉS AU SEIN DU
MUSÉUM
- Gestion et prêts des spécimens appartenant
aux collections nationales de lézards et de serpents. Détermination et mise en collection des nouvelles
acquisitions.
Ivan examine un spécimen historique très important d’Iguane des Fidji (Brachylophus
fasciatus), une espèce très intéressante pour lui.
- Accueil des scientifiques étrangers et réponses aux nombreuses demandes du grand public.
- Enseignement sur les serpents marins.
- Relations d’expertise avec les services de l'état, douanes, pompiers et le public, médias,terrariophiles, etc.
- Assesseur de la Commission de Conciliation et d'Expertise Douanière.
- Membre du Conseil national des Universités (section 68 – Biologie des organismes)
- Membre du Comité Consultatif de la réserve naturelle du Val d'Allier.
- Membre titulaire puis suppléant de la Commission nationale Consultative de Délivrance des Certificats de Capacité, Formation
« Entretien et présentation au public d'animaux vivants de la faune sauvage locale ou étrangère ».
- Membre titulaire de la Commission Départementale des Sites, Perspectives et Paysages de Paris.
IVAN INEICH ET LA
PRESSE
SES
PUBLICATIONS
Mise à jour en AVRIL
20111
LE MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE
NATURELLE
Le Muséum national d’Histoire naturelle est un établissement de recherche scientifique et de diffusion de la culture
naturaliste. Son siège se localise à Paris, au Jardin des Plantes. Avec le Natural History Museum de Londres, c’est l’un des établissements les plus prestigieux et les plus riches au
monde dans le domaine de l’histoire naturelle.
MISSIONS DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE
NATURELLE
- Conservation des collections scientifiques comprenant plus de 62 millions de spécimens ainsi que des
espèces vivantes sur 13 sites à Paris et dans le reste de la France.
- Diffusion de la culture scientifique dans les spécialités propres à l'établissement.
- Recherche scientifique de haut niveau.
- Formation des étudiants à la recherche en Sciences de la Vie.
JOINDRE IVAN
INEICH
Ivan INEICH charge des sacs de riz sur un dromadaire pour aider la population locale lors d’une
mission au Niger.
À bientôt les amis sur photonaturefontainebleau
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